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Socialisme(s) européen(s)

Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 15:56
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)

Hamon appelle à «un vote sanction» aux européennes

Le porte-parole du PS affirme que Martine Aubry elle-même «mènera les socialistes au combat». Quant à Ségolène Royal, «on trouvera les moyens de l’associer», ajoute-t-il.

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon.

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon. (Reuters)

Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a appelé ce matin à «un vote sanction contre Nicolas Sarkozy» aux prochaines élections européennes.

Le scrutin du 7 juin «doit être un vote sanction contre Nicolas Sarkozy et contre ses alliés européens» et «ce que nous n’avons pas pu obtenir par la mobilisation sociale, eh bien il faut essayer de l’arracher par les urnes», a déclaré Benoît Hamon sur Europe 1.

«Confirmons le 7 juin la volonté de changer de politique et si les listes socialistes sont devant les listes UMP, nous l’obtiendrons», a-t-il dit.

Il a indiqué que c’était la première secrétaire Martine Aubry elle-même qui «mènera les socialistes au combat».«on trouvera les moyens de l’associer à cette campagne».

«Que l’on se le dise, les socialistes sont unis dans cette campagne, ils sont unis durablement. Leur objectif est réussir les européennes pour réussir les régionales derrière et ensuite conquérir le siège de président de la République», a-t-il dit.
Quant à l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal,

(Source AFP)

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 15:10
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)

à lire aussi

Une fois le nouveau Parlement européen élu, le 7 juin prochain, il aura à se prononcer pour l’élection d’un nouveau président de la Commission européenne, le mandat de 5 ans de José Manuel Durao Barroso s’achevant. Candidat à sa propre succession, son bilan à la tête de l’exécutif européen et celui de la majorité de droite sortante, est pourtant critiqué.

Barroso plaide depuis novembre 2004 pour « l’Europe des résultats ». Mais de quels résultats parle-t-on, après cinq ans à la tête de la Commission européenne avec sa majorité conservatrice PPE dont l’UMP fait partie ? Libéral, le président portugais a soutenu la directive Bolkestein en vantant le « principe du pays d’origine », quand tous les sondages montraient l’opposition des populations. Mais il s’est surtout illustré, depuis le début de la crise économique et financière, par son manque de vision pour l’Europe, et un non interventionnisme déroutant. Quant tout le monde réclamait un plan, au moins un débat, sur l’avenir de l’automobile en Europe, ce dernier a rejeté tout soutien au secteur sur les Etats membres. C’est d’ailleurs l’un des reproches les plus soulignés par ses opposants : son manque d’ambition et de propositions qui a marginalisé la Commission européenne au lieu de renforcer la cohérence européenne. Pour Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE, dans une interview au Monde du 28 mars dernier : « M. Barroso a été très passif dans sa gestion de la pire crise économique depuis la seconde guerre mondiale. Il essaie de faire croire que le plan de relance européen est proche de 4 % du PIB. Ce n'est tout simplement pas correct de prendre en compte les amortisseurs sociaux, qui augmentent avec la montée du chômage. Cela n'a rien à voir avec une politique volontariste de préservation des emplois. Le président de la Commission doit par ailleurs être capable de faire face aux gouvernements. Pour l'instant, nous avons un président qui représente le plus petit dénominateur commun et réduit l'Union européenne à une association intergouvernementale ».

Un manque d’autorité pointée du doigt dès son élection. Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, déclarait : «Quand il parle aux socialistes, il est socialiste. Quand il parle aux libéraux, il est libéral. Il dit aux gens ce qu'ils veulent entendre.» Sans donner de direction à l’Europe. Avec lui donc, l’Europe des citoyens ou l’Europe sociale n’ont pas pu avancer.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /2009 10:20
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)
Européennes : la base socialiste clame son ras-le-bol

Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/100309/elections-europeennes-bernard-poignant-s-insurge-contre-la-methode-detestable-
[3] http://www.mediapart.fr/journal/france/110309/libertes-publiques-le-ps-sonne-l-alarme
[4] http://www.mediapart.fr/journal/france/190508/ps-et-que-disent-les-militants-dans-tout-ca
[5] http://www.20minutes.fr/article/309925/Politique-Au-PS-Royal-et-Aubry-appellent-au-calme.php
[6] http://www.mediapart.fr/journal/france/070309/elections-europeennes-le-ps-renoue-avec-les-divisions-mais-pas-les-memes
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/030309/elections-europeennes-le-ps-propose-un-programme-mi-oui-mi-non
Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Réinventer la Gauche
Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 11:44
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)

Suite à sa présentation au Conseil National du 28 février, l’Appel que nous avons lancé pour muscler le projet pour les Européennes a gagné bon nombre de signatures issues de TOUTES LES TENDANCES du parti : Michel ROCARD et Serge JANQUIN, Josette DURRIEU et Alain PIASER, Pascal CHERKI et Régis JUANICO, Serge BARDY et Thierry PHILIP. Douze parlementaires, un Président de région, deux présidents de Conseil général, une dizaine de 1er fédéraux, des membres du Bureau National et une bonne quinzaine de membres du Conseil National… La liste des signataires s’allonge chaque jour. On vient de passer les 3.200 signataires.

Au delà des querelles sur la composition des listes, beaucoup se rendent compte que l’essentiel, c’est le projet et que, pour être honnête, le projet dans sa forme actuelle ne suscite pas un enthousiasme considérable. Du coup, les 2 propositions que nous mettons en avant pour muscler le projet en matière sociale et au niveau européen rassemblent assez largement. C’est le 21 mars que nos propositions seront soumises au vote de la Convention Nationale.

Dans les derniers sondages pour les Européennes, l’UMP est à 26 % et le PS à 23 % seulement. Lors du Conseil National du 28 février, on avait l’impression que certains dirigeants avaient déjà intégré une défaite : « nous aurons 20 ou 21 élus » répétaient-ils comme si l’élection était déjà pliée.

En 2004, le PS a fait 29 %.

Pourquoi serions-nous condamnés aujourd’hui à faire 23 % seulement ?

En 1999, Nicolas Sarkozy était tête de liste aux Européennes. Son score fut tellement catastrophique (12,8 %) qu’il démissionnait le soir même de la présidence du RPR et qu’on ne le vit plus pendant deux ans sur aucun plateau télé… Si Sarkozy a fait 13 % en 1999, pourquoi en ferait-il 26 % cette année ? 

Pour gagner les Européennes, pour faire de ces élections le débouché politique de tous les mouvements sociaux du printemps, pour obliger Sarkozy à changer radicalement de politique, il faut travailler encore notre projet. 

Il nous reste 2 mois avant que les Français ne s'intéressent vraiment à ces élections. Pourquoi ne pas utiliser ces 2 mois pour muscler notre projet ?

Si je t’écris aujourd’hui, c’est que tu as déjà signé notre Appel. Merci de prendre quelques minutes pour nous aider à gagner d’autres signatures.

Si tu vas voter dans ta section, ce jeudi, peux-tu en parler à des ami(e)s ? Peux-tu imprimer quelques tracts (à télécharger ici) et les diffuser jeudi soir ?

Il nous reste deux mois pour muscler notre projet. Ne restons pas sans agir !

Merci par avance pour ton soutien.

Bien amicalement

 

Pour les premiers signataires,

Pierre Larrouturou


P.J. : http://www.plusloinplusvite.fr/tract_musclonsleprojet_100309.pdf

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /2009 12:31
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)

Mercredi 14 Janvier 2009 - 15:18 - Marianne2.fr -Gérald Andrieu

Invité de France-Inter, le porte-parole du PS a laissé entendre que son parti s'était rangé aux idées protectionnistes qu'il avait défendues lors du congrès de Reims. Si c'est le cas, c'est au prix d'un petit virage sémantique...?


Les archaïques, ce sont les autres. Ceux qui se refusent à en appeler au protectionnisme. Pendant la bataille de Reims, Benoît Hamon a martelé ce discours à chacun de ses meetings, lors de chacun de ses passages dans les médias. D’ailleurs, ses idées pour « sortir du libre-échange généralisé » apparaissaient en tête de ses propositions dans son texte de motion. Des idées qui lui avaient valu le soutien d’un certain nombre d’économistes qui, dans une tribune collective publiée sur Marianne2.fr, expliquaient que « la candidature de Benoît Hamon » avait « permis de réhabiliter de nombreux débats interdits de politique économique ».

Protectionnisme, juste-échange, échange équilibré ?

La question est maintenant de savoir si le porte-parole du PS peut avoir, aujourd’hui, le même discours que le candidat au poste de Premier secrétaire hier. D’autant qu’en fin d’année dernière, il avait été obligé de faire machine arrière sur son idée d’autorisation administrative de licenciement … D’après les propos qu’il a tenus ce matin sur l’antenne de France-Inter, il pourrait bien ne pas en être de même du protectionnisme :  Il ne vous a pas échappé que dans le texte qui est le texte de la majorité du Parti socialiste (téléchargeable ci-dessous), la notion de “juste-échange” a désormais été reprise par cette majorité. (…) Le “juste-échange”,  c’est quoi ? C’est de tout mettre en œuvre pour éviter la concurrence déloyale et notamment le dumping social et le dumping fiscal. Et nous ferons des propositions et notamment au niveau européen (…) de façon à ce que demain le socialistes dans le débat public disent comment on peut désormais maîtriser les échanges (…) et ne pas laisser le libre-échange absolu avoir pour conséquence la remise en cause du modèle social européen. Je suis assez heureux que cette notion de “juste-échange” soit désormais dans le patrimoine collectif du Parti socialiste.»

À l’en croire, Benoît Hamon aurait réussi à imposer au Parti socialiste son idée de remettre au goût du jour, la crise aidant, le protectionnisme. Mais apparemment le député européen n’a pas gagné la bataille sémantique : le protectionnisme devient le «juste-échang (en fait, dans le texte d'orientation politique, il est question d'«échange équilibré»), histoire sans doute de ne pas effrayer. Car comme l’a rappelé Nicolas Demorand ce matin, certains, au sein même du parti à la rose (le patron de l’OMC Pascal Lamy notamment), ne veulent pas en entendre parler. Benoît Hamon a expliqué n’avoir que faire des critiques du «patron d’une organisation en total échec» et en appelle «à la modernité, à la respiration intellectuelle». «Respiration intellectuelle» ? La notion de « juste-échange » a beau faire partie désormais du «patrimoine collectif du Parti socialiste», Benoît Hamon semble craindre de voir son idée de réhabiliter le protectionnisme étouffée par certains de ses camarades...

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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 13:47
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)
Point de vue
La social-démocratie en crise d'identité, par Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière
LE MONDE | 13.11.08 | 13h15

ans une tribune intitulée "La social-démocratie sera européenne ou ne sera plus" (25 octobre), Alain Bergounioux et Gérard Grunberg estiment que la crise financière fournit à la social-démocratie une chance de redevenir une force politique "utile", à condition que celle-ci "assume intellectuellement et politiquement ses responsabilités dans la crise". C'est un fait : la social-démocratie européenne traverse une crise existentielle majeure.

En Europe, les formations qui en sont issues ont perdu treize des quinze derniers scrutins. Quand elles sont encore au pouvoir, leur politique est fortement impopulaire (c'est le cas de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne). Dans l'opposition, ces partis, pourtant confrontés à de nouvelles droites dures, sont inaudibles, jugés peu crédibles par le public (France, Italie).

Dans un monde économique qui change, MM. Bergounioux et Grunberg affirment inlassablement que le renouveau social-démocrate passe par la fidélité au "cheminement idéologique" qui est la cause de son déclin ! Dans l'avant-congrès de Reims, ils mettent en garde les socialistes contre toute "dérive anticapitaliste ou altermondialiste". Ils oublient de préciser que le socialisme est né comme antithèse du capitalisme et que, depuis le congrès de Tours en 1920, sa famille réformiste n'a cessé de vouloir le transformer démocratiquement, pas à pas. Il est étrange que les auteurs ne mentionnent nulle part la "nouvelle" social-démocratie qui est apparue en catimini dans les années 1980.

A l'occasion d'expériences gouvernementales en France, en Espagne et en Grèce, cette gauche "moderne" a contribué à l'avènement du capitalisme financier en déréglementant les marchés financiers. Elle a privatisé le système bancaire et les entreprises stratégiques et s'est appropriée - sans jamais le reconnaître - le prêt-à-penser néolibéral de ses adversaires de droite. Cette posture hypocrite a cessé avec l'arrivée au pouvoir de Tony Blair en 1997. Ce dernier a revendiqué un accompagnement décomplexé de la mondialisation néolibérale : soutien à la dérégulation des marchés, baisses d'impôts sur les hauts revenus, flexibilité du marché du travail, privatisations et démantèlement du Welfare State (Etat-providence).

La troisième voie blairiste a suscité l'admiration de la social-démocratie dans son ensemble au point que le Parti des socialistes européens n'a pu se résoudre à condamner l'invasion de l'Irak ! Dans les années 1997-2006, la social-démocratie a ânonné dans chaque langue nationale le mantra blairiste : "Il n'y a pas de politiques économiques de gauche ou de droite, il n'y a que des politiques qui marchent et d'autres qui ne marchent pas." C'est pour avoir voulu implanter un tel "logiciel" que les candidats socialistes aux présidentielles de 2002 et 2007 furent sévèrement battus. Faut-il vraiment persévérer dans une voie qui a conduit à ces échecs cuisants, à l'heure où la nouvelle droite elle-même découvre les vertus de l'interventionnisme public face aux défaillances du marché ?

Selon Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, le sursaut de la social-démocratie passe par la réactivation du "projet politique européen". Mais comment une social-démocratie crispée sur une stratégie dépassée pourrait-elle réussir demain là où elle a lamentablement échoué hier ? En 2000, l'agenda de Lisbonne proposait un ensemble de "réformes structurelles" devant permettre à l'Europe de devenir une zone de forte croissance. En 2002, le Conseil européen de Barcelone à majorité social-démocrate décidait de libéraliser le marché de l'énergie et l'ensemble des services publics, de repousser l'âge de la retraite de cinq ans et apportait son soutien aux fonds de pension.

En 2005, la stratégie de Lisbonne renouvelée proposait d'institutionnaliser la rigueur budgétaire, d'accentuer la flexibilisation du marché du travail, de prolonger la modération salariale. Avant même le déclenchement de la crise financière, l'Europe est devenue la zone où la croissance est la plus faible du monde et où l'ouverture à la concurrence s'est avérée incapable de stimuler l'investissement dans l'économie de la connaissance. Contrairement à ce que suggèrent les deux auteurs, ce n'est pas la crise de la construction européenne qui a affaibli la social-démocratie. C'est la crise idéologique et politique de la social-démocratie qui a précipité l'Europe dans une spirale récessive et antisociale dont se défient aujourd'hui les peuples.

Pour éteindre l'incendie financier, la mise en oeuvre du plan Brown déroge à tous les canons de la pensée blairiste. Mais la social-démocratie ne doit pas se contenter d'applaudir la socialisation sans contrepartie des dettes de jeu du capitalisme financier, en réclamant la poursuite des "réformes structurelles". Elle serait d'autant plus inaudible que la droite saisit l'aubaine de la crise pour justifier l'achèvement desdites réformes et rendre irréversible le détricotage des instruments de contrôle public de la production et de la répartition des richesses.

C'est un véritable New Deal qu'il faut proposer pour sortir l'Europe de la récession. Un programme de grands travaux doit s'organiser autour de la modernisation des infrastructures et des services publics (transports, communication, hôpitaux, écoles, universités). Le chantier des énergies renouvelables doit enfin être réellement creusé. Les ressources financières et industrielles, les compétences des chercheurs doivent être mobilisées à ces effets. En attendant les balbutiements du fédéralisme budgétaire, les Etats doivent accroître leur participation avec droit de vote et de contrôle dans le secteur bancaire, mais aussi dans les entreprises stratégiques des secteurs concernés, dont la valeur actionnariale est désormais attaquée en Bourse.

La social-démocratie européenne doit initier des réformes fiscales améliorant la redistributivité de l'impôt de telle sorte que l'effort ne soit pas supporté par les classes moyennes et modestes. Elle doit enfin proposer aux partenaires sociaux de s'entendre sur une progression des salaires indexée sur les gains de productivité et l'inflation, pour enrayer une fois pour toutes la baisse du pouvoir d'achat de ceux qui vivent de leur travail. N'oublions pas qu'aux Etats-Unis et parmi les clones européens du modèle américain, c'est la stagnation du salaire médian qui est à l'origine de la montée de l'endettement des ménages, tiré par le crédit hypothécaire.

Les futures échéances électorales ne se gagneront pas "au centre". Les électeurs qui ont, par dépit, porté les nouvelles droites européennes au pouvoir appartiennent aux classes populaires. La social-démocratie partira à leur conquête ou disparaîtra.

 

 


Liêm Hoang-Ngoc est économiste, université de Paris-I.

Philippe Marlière est politologue, University College London.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 15:08
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)
Tribune de Philippe Marlière

Depuis 1997, le projet du New Labour a répondu à une double motivation. Accessoirement, il a offert aux Britanniques une version légèrement atténuée du néolibéralisme thatchérien dont s’étaient fatiguées les classes moyennes à la fin des années 1980. Des fonds publics ont été injectés pour rénover des services publics délabrés (précisons qu’une bonne partie de cet argent a servi à financer des partenariats privé-public, qui ont entraîné de fait la privatisation de certains services publics).

Principalement, il a œuvré à la consolidation d’un bipartisme sans compétition politique : sur les questions les plus importantes (redistribution des richesses, rôle de l’Etat, impôts, droit du travail, relations avec les syndicats, guerre d’Irak), plus rien ne distingue les néotravaillistes des conservateurs. Cette démarche électoraliste dite de "troisième voie" a été dictée par une stratégie rationnelle : Tony Blair et Gordon Brown ont estimé que les Britanniques, échaudés par la brutalité sociale du thatchérisme, ne seraient pas tentés d’élire un gouvernement conservateur avant longtemps. Ils ont fait le pari que les électeurs travaillistes traditionnels (classe ouvrière, fonctionnaires) soutiendraient le Parti travailliste en traînant les pieds, mais le soutiendraient quand même, car ils n’auraient nulle part où aller à gauche (le scrutin majoritaire à un tour lamine implacablement toute force politique de gauche).

Ras-le-bol populaire devant une politique économique au service des plus riches

Ce pari était certes rationnel, mais à haut risque aussi. Pour qu’il soit couronné de succès, il nécessitait le concours de circonstances extérieures, en particulier une croissance économique américaine et internationale continue. L’économie britannique dépend essentiellement des services et de la finance. Il n’est donc pas étonnant que la crise suscitée par les subprimes l’ait touchée plus que tout autre économie européenne. Le gouvernement Brown, entre autres malheurs, a heurté de plein fouet le Northern Rock… C’est dur et cela fait mal : aux ménages moyens (souvent d’anciens électeurs conservateurs séduits par le "pragmatisme" de Tony Blair), horrifiés par la baisse de l’immobilier ; aux jeunes couples aussi qui ne peuvent emprunter pour accéder à la propriété.

A cela, il faut ajouter une double gaffe monumentale. Il y a peu, le gouvernement a renoncé à imposer des hommes d’affaires très fortunés qui, non domiciliés en Grande-Bretagne, ne payent aucun impôt à l’Etat britannique. Inversement, Gordon Brown a relevé l’assiette de l’impôt pour les foyers les plus modestes. L’argent récolté a été indirectement "redistribué" aux catégories moyennes !

Des députés travaillistes, d’ordinaire serviles, ont paniqué quand leurs administrés ont commencé à se plaindre de cet acte inique. Ils ont contraint le premier ministre à revenir sur cette décision et à compenser les perdants. Mais le mal était fait : cette mesure antipopulaire, emblématique du projet New Labour, a provoqué la désertion en masse d’électeurs travaillistes vers les conservateurs et les libéraux-démocrates ou leur abstention. Le leadership indécis de Gordon Brown ou l’usure du pouvoir -arguments souvent avancés par les médias- n’ont joué qu’un rôle marginal dans cette débâcle électorale (le plus mauvais score enregistré par les travaillistes aux élections locales depuis… 1968 !).

Le conservateurs reprennent pied dans les bastions travaillistes

La vraie raison de ce décrochage électoral a été le ras-le-bol populaire devant une politique économique au service des plus riches (les inégalités entre les plus riches, les classes intermédiaires et les plus pauvres ont dramatiquement augmenté depuis 1997).

La débâcle électorale que vient d’enregistrer Gordon Brown laisse augurer un avenir très sombre pour son parti : l’électorat populaire a déserté en masse le New Labour, permettant aux conservateurs de reprendre pied dans les bastions travaillistes où ils avaient disparu depuis quinze ans (Nord de l’Angleterre, Pays de Galles). Dans le Sud, la défaite est également sévère, mais il s’agit ici de la défection des classes moyennes et supérieures qui sont retournées vers le Parti conservateur, dirigé par David Cameron, blairiste crédible.

Ken Livingstone, à Londres, a mieux résisté que ses collègues travaillistes. En réalité, il n’aurait jamais dû perdre. S’il s’était présenté en candidat indépendant (comme en 2000), il aurait largement battu Boris Johnson, présenté par les médias comme un bouffon. Johnson est un "toff", c’est-à-dire un membre des classes supérieures du pays. Il a été éduqué à Eton, l’une des "public schools" les plus élitistes. Il constitue le type idéal du Tory bien né, figure en général haïe ou moquée par le public. Journaliste raté aux commandes du Spectator, hebdomadaire de la droite dure, connu pour ses commentaires racistes et sexistes, doté d’un humour douteux et d’une élocution incompréhensible, Johnson ferait presque passer George W. Bush et Silvio Berlusconi pour des hommes politiques compétents.

Pour Ken Livingstone, la perte d’une élection imperdable

Des commentateurs, une fois de plus, ont eu recours à des explications futiles pour rendre compte de la défaite du maire sortant : l’usure du pouvoir, de mauvaises fréquentations politiques, un style "impérial" ou encore ses soutiens à Hugo Chavez ou à la cause palestinienne.

En fait, Livingstone a perdu car, candidat sous les couleurs du New Labour, il a fait l’objet du même rejet populaire que celui réservé aux autres élus travaillistes. Son retour dans le Parti travailliste en 2004 l’a amené à se solidariser avec le néolibéralisme du New Labour. Il a payé cette association au prix le plus fort : la perte d’une élection imperdable (Londres est majoritairement une ville populaire, donc de gauche) contre un candidat conservateur grotesque, alors que son bilan de maire en matière de transports, de logement et de lutte contre la criminalité était bon dans l’ensemble.

La bulle New Labour a donc éclaté. Des conservateurs revanchards sont aux portes du pouvoir. D’ici deux ans -sauf événement extraordinaire- ils remporteront les élections. David Cameron héritera d’un pays gangréné par les inégalités, doté de services publics médiocres, de la législation sociale la plus régressive du monde occidental (après les Etats-Unis), d’une main d’œuvre majoritairement peu qualifiée et maltraitée (généralisation des "working poor", les travailleurs pauvres, en dépit de l’introduction d’un Smic).

C’est de ce Parti travailliste-là, qui a failli si spectaculairement à bâtir une société plus juste et plus solidaire, que les électeurs veulent se débarrasser au plus vite. Le moment venu, Cameron ne perdra guère de temps à défaire les réformes sociales du New Labour. Il y en a si peu ! Dès ses premiers jours à Downing street, il aura les coudées franches pour emmener le pays encore plus à droite.

Par Philippe Marlière - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /2008 16:28
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)
Benoît Hamon sur RFI
"Je ne pense pas qu’il y ait un caractère très historique à la ratification d’un traité qui est à peu près équivalent à ce qu’était la constitution européenne qui a été rejetée par les Français... L’Europe reste telle qu’elle est : un grand marché intérieur, livré essentiellement aux jeux de la concurrence, sans budget, sans politique monétaire, sans harmonisation fiscale ou sociale. Cette logique s’amplifiera avec le texte, je le regrette mais je crois que ce n’est ni historique, ni noir, c’est qu’aujourd’hui nous nous réveillons avec la même Europe qu’hier et juste quelques élites qui sont contentes qu’on continue à aller dans le mur sur le plan économique..."
Par collectif valdoisien - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Réinventer la Gauche

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