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Culture(s)

Samedi 9 août 2008
- Publié dans : Culture(s)
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 17h à 17h55

Du grain à moudre


@ contact
présentation aujourd'hui à venir archives



de Brice Couturier

Ecoutez






émission du vendredi 4 juillet 2008
La compassion peut-elle tenir lieu de politique ?


Malgré le talent certain de Sophie Bouchet-Petersen et la qualité de sa réflexion, voici une émission qui déconstruit audacieusement les mécaniques pseudo-compassionnelles qui président aux stratégies croisées de Ségolène Royal d'un côté et des néo-conservateurs de l'autre.
à écouter de toute urgence,
Frédéric Faravel


On a longtemps reproché aux politiques leur éloignement des simples gens et leur insensibilité aux problèmes qui les touchent. Dans l’espoir de combler ce gouffre d’indifférence supposée, une nouvelle génération de dirigeants exhibe désormais des efforts plus ou moins sincères, mais toujours télégéniques, pour compatir avec les victimes de notre société. C’est Nicolas Sarkozy, qui accourt au chevet des policiers blessés. C’est Ségolène Royal qui touche un paralysé en direct lors d’une émission de télévision.
Dans notre société, ravagée par le scepticisme, le soupçon n’est pas lent à naître : et si ces compassions exhibées valaient pour aveu d’une impuissance à empêcher ces malheurs auxquels on sympathise ? Si tel ou tel manifeste autant d’empathie envers le blessé, n’est-ce pas faute de disposer des moyens véritables d’empêcher les voyous de tabasser et caillasser policiers ou pompiers ? Tant de pitié pour les sans-abris par incapacité à leur assurer des revenus susceptibles de leur assurer une vie digne ?
La compassion a un autre inconvénient : en érigeant en victime absolue le sujet d’une injustice ou d’une violence, on le juge dépourvu des capacités d’améliorer par lui-même son sort, on le transforme en objet de pitié. Et on le prive de son droit égal d’accès à ce «monde commun» et partagé qu’a inauguré le sentiment démocratique moderne.
Enfin, manifester qu’on est l’égal de ceux qui souffrent en s’exhibant à leurs côtés, peut aussi signifier qu’on se résigne au creusement des inégalités et à la permanence de l’exclusion. C’est ce qui semble se cacher derrière la théorie du «conservatisme compassionnel», chère aux Républicains américains.
On le voit, la politique compassionnelle appelle bien des critiques et soulève bien des problèmes.


Invités


Myriam Revault d’Allonnes.  professeur des universités à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, spécialiste de philosophie politique


Sophie Bouchet-Petersen.  Conseillère spéciale de Ségolène Royal en région Poitou-Charentes


Jean-Pierre Le Goff.  Philosophe et sociologue
Président du club Politique Autrement












les livres






Myriam Revault d’Allonnes
L’Homme compassionnel
Seuil - janvier 2008



Nos sociétés sont saisies par la compassion. Un « zèle compatissant » à l’égard des démunis, des déshérités, des exclus ne cesse de se manifester dans le champ politique. Phénomène circonstanciel ou nouvelle figure du sentiment dans la vie politique ? Comment penser de nos jours les passions dans la démocratie ?
Dans cet essai bref et percutant, Myriam Revault d’Allonnes interroge les rapports entre la dimension affective de la vie politique et l’exercice du pouvoir. Remontant aux sources de la modernité politique, elle montre que le rôle des passions n’a cessé de nourrir la réflexion sur la pratique démocratique (de Rousseau à Arendt, en passant par Tocqueville). Où l’on verra que les liens entre sentiment d’humanité, représentation politique et reconnaissance d’autrui nécessitent d’être pensés à nouveaux frais.





Jean-Pierre Le Goff
La France morcelée
Gallimard - collection : Folio actuel - janvier 2008



Nouveaux conflits du travail dits de « harcèlement moral », émeutes dans les banlieues, refus du CPE, mouvements sociaux des salariés du secteur public, résultat du référendum sur le Projet de Constitution européenne, élections présidentielles, exercice du pouvoir selon les techniques de communication et de management… Ces événements ont fait apparaître, chacun à leur manière, des fractures et des conflits dont Jean-Pierre Le Goff souligne la nouveauté irréductible. Le rejet du projet de Constitution européenne révèle le divorce entre gouvernants et gouvernés et oblige à retracer l’évolution des élites depuis la modernisation de l’après-guerre. Le malaise dans la fonction publique s’inscrit dans le cadre d’une modernisation produisant des effets de déshumanisation du travail et de désorientation. Les émeutes dans les banlieues et le mouvement anti-CPE met en lumière la difficulté nouvelle à assumer le rapport de solidarité entre générations suite aux mutations du rapport adultes-jeunes. Le harcèlement moral, quant à lui, prend une importance sans précédent dans une période où le désarroi conduit, faute des médiations traditionnelles, à se dire individuellement victime et à demander réparation à la justice.
Une décomposition historique et une mésestime de soi qui affectent en profondeur les rapports sociaux et les institutions. La France de Monsieur Sarkozy est une France morcelée.
Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 13 mai 2008
- Publié dans : Culture(s)
Serge Portelli est l’auteur de plusieurs ouvrages dont “Récidivistes. Chroniques de l’humanité ordinaire“, Grasset, 2008, “Ruptures“(www.betapolitique.fr), “Traité de démagogie appliquée. Sarkozy, la récidive et nous“, Michalon, 2006. Il était l’invité de la Forge pour débattre du sujet “nouvelles surveillances, nouvelles punitions”.

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Introduction à l’audition

Nouvelles punitions, nouvelles surveillances
.
La thématique de l’insécurité a pris une force particulière aux dernières élections françaises cependant que la recherche sociologique démontre l’écart entre l’obsession sécuritaire et les menaces objectives pesant sur les biens et les personnes dans notre société (1). Robert Castel rappelle toutefois que cette thématique traduit un rapport à l’Etat intrinsèquement contradictoire : « l’Etat de droit ne peut que décevoir cette demande de protection totale car la sécurité totale n’est pas compatible avec le respect absolu des formes légales » ; « Un Etat démocratique ne peut être protecteur à tout prix parce que ce prix serait celui de l’absolutisme du pouvoir d’Etat »(2) .

L’adoption d’un certain nombre de réformes semble signer la déconstruction progressive d’un socle historiquement constitué de principes à valeur supérieure régissant le droit français. Ces principes, que vous évoquez dans votre ouvrage Ruptures (séparation des pouvoirs, non rétroactivité des lois, atténuation de la responsabilité pénale des mineurs, respect de la vie privée, individualisation de la peine, présomption d’innocence, droit d’asile…) seraient remis en cause au point de bouleverser l’économie générale du droit. Ces « ruptures » interrogent dans le même temps la conduite d’une politique dont la charge essentielle consisterait à référer à des discours dits experts pour légitimer l’identification de populations cibles assimilées aux « classes dangereuses » (3) , produire les outils d’un repérage confinant au fichage et créer des dispositifs inédits de gestion de la déviance, objectifs chiffrés à l’appui. Certaines catégories de populations (les malades mentaux, les étrangers, les pauvres) se verraient dès lors « pénalisées » a maxima, ou « présumés dangereux » a minima, en face de leurs doubles inversés (les « entrepreneurs » bénéficiant de la dépénalisation relative du droit des affaires, les victimes de la délinquance, les victimes de discriminations).
L’hypothèse d’une fissuration du socle de valeurs fondamentalement démocratiques ayant imprimé durablement l’ensemble normatif français procède à notre sens d’une conception selon laquelle ON PEUT et ON DOIT déduire le droit du fait. Une telle conception entretient une double illusion: d’une part, elle postule l’univocité de l’expertise appliquée à la réalité sociale et d’autre part, elle nie le statut du politique, en tant qu’il organise un espace de confrontation de valeurs concurrentes. Quelle idéologie politique – qui en refuse les attraits – cette conception légitime-t-elle ?

Question 1 : Quelle conception politique les nouvelles punitions et surveillances légitiment-t-elles ?
Question 2 : De quelle conception de l’ordre social et de l’ordre public les réformes récentes relèvent-elles ?
Question 3 : En quoi s’insèrent-elles dans une vision libérale de l’Etat (conception de la liberté, interventionnisme de l’Etat) ?
Question 4 : En quoi les réformes récentes entretiennent-elles une confusion entre la compréhension des inégalités sociales et la moralisation des conduites individuelles ?

Notes
1/ Laurent Muchielli, chercheur au Centre de recherche sociologique sur le droit et les Institutions pénales (CESDIP), démontre le caractère infondé de la « représentation d’une croissance exponentielle de la violence physique accompagnée de discours décadentistes ou de considérations d’apparence savante sur une violence prétendument inhérente l’humanité se libérant à mesure que la moralité s’amoindrirait » et invite notamment à se pencher sur les raisons profondes du développement de la délinquance d’appropriation (vols) : panne de l’ascenseur social, valorisation à outrance de la société de consommation, creusement des écarts entre les nantis et les démunis, etc (Rhizome, juillet 2006, « Lien social et insécurité : de quoi faut il avoir peur ? »
2/ Robert Castel, L’insécurité sociale, Qu’est-ce qu’être protégé ?, Seuil, La République des Idées, p. 22.
3/ Cette expression est utilisée pour la première fois par l’Académie des sciences morales et politiques, à l’occasion du lancement d’un concours visant à rechercher les éléments dont se compose cette partie de la population qui forme une classe dangereuse par ses vices, son ignorance et sa misère » et « indiquer les moyens à employer pour améliorer cette classe dangereuse et dépravée ». Henri Frégier, chef de bureau à la Préfecture de la Seine, répond à ce concours par un volume de près de 900 pages, dans lequel écarte toute responsabilité majeure de l’organisation sociale et fait de la dépravation morale la cause génératrice du crime. Il propose in fine non des réformes sociales mais « un plan de perfectionnement moral du pays ».

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Samedi 19 avril 2008
- Publié dans : Culture(s)
"Les Ch'tis", "Germinal" comique, par Philippe Marlière
LE MONDE | 19.04.08 | 13h28  •  Mis à jour le 19.04.08 | 13h28

e succès du film de Dany Boon est remarquable : plus d'un quart de la population française, toutes régions et générations confondues, a vu à ce jour cette comédie. Cet engouement est d'autant plus inattendu que l'action se déroule dans le Nord-Pas-de-Calais, une région méconnue dans laquelle - nous enseigne l'oeuvre de fiction - la population autochtone parle une langue distincte du français : le ch'timi. Les clivages centre-périphérie (Paris-province) ou Nord-Sud existent dans la plupart des pays européens.

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Ces rivalités régionales renvoient, dans tous les cas nationaux, à une opposition d'une double nature : culturelle et de classe. Dans le cas français, une lecture stéréotypée perçoit le Nord comme une région économiquement défavorisée, à forte densité ouvrière, donc culturellement fruste. Inversement, on associe au Sud le dynamisme économique, un art de vivre supérieur et une population généralement sophistiquée.

Dans ce film, Dany Boon cultive les stéréotypes négatifs à propos du Nord pour démontrer que cette région n'est pas l'enfer décrit par la plupart des Sudistes. Grossissant délibérément les clichés anti-Nord, Boon fait le pari de démythifier la perception négative que l'on a généralement de cette région. La satire produit un effet paradoxal : se conformer aux poncifs sur le Nord pour en révéler la beauté cachée.

Le film aborde le double registre culturel et classiste. Culturel d'abord, avec la mutation dans le Nord du directeur de la poste à Salon-de-Provence (Kad Merad), à la suite d'une faute professionnelle grave (le Nord comme peine de prison symbolique). Cette partie du film épuise le répertoire des représentations fantasmagoriques du Nord. L'intrigue et les gags s'enchaînent de manière prévisible (le pôle Nord, la sonorité grotesque d'un ch'timi largement imaginaire, la laideur des paysages, etc.).

La caricature est le propre de la comédie et appelle le rire (fût-il gras). Cette mise en train fait rire le public, car elle exprime un racisme anti-Nord sans fard, tellement outré qu'il ne peut que susciter l'hilarité de tous. Dans une courte apparition, Michel Galabru illustre jusqu'à l'absurde la représentation fantasmée de l'enfer du Nord.

Le ch'timi est-il l'attribut culturel essentiel des Nordistes ? Rien n'est moins sûr. Seule une minorité de Nordistes parle le patois. Et encore cette pratique est-elle socialement et générationnellement connotée : le français mâtiné de ch'timi est essentiellement pratiqué par les personnes âgées en milieu rural. Il est ainsi invraisemblable que les postiers à Bergues puissent interpeller les usagers du bureau de poste en patois. Le film donne faussement l'impression qu'à Amiens, Calais ou Armentières, les Ch'tis parlent le même patois.

En fait, le ch'timi n'est pas une "langue" unifiée, mais peut varier assez nettement d'une localité à une autre. Le ch'timi relève surtout de la sphère privée, amicale ou familiale, celle de la détente et du loisir. On plaisantera occasionnellement en patois entre amis ou en famille, mais pas sur le lieu de travail. C'est la langue de la transgression, du "mauvais Français", comme l'ont inculqué les instituteurs de la République à des générations d'écoliers. "Ecraser le patois", c'est être "cancre", "inculte". En réalité, ce qui caractérise les Nordistes n'est pas tant le ch'timi qu'un accent régional prononcé et reconnaissable (comme celui des Sudistes).

Le suremploi anachronique du ch'timi dans le film n'est pas fortuit : il permet de souligner à gros traits la nature "accueillante" et "populaire" des Nordistes et de suggérer en même temps qu'ils sont un peu "babaches" (primaires). Non seulement les personnages principaux parlent un patois incompréhensible, mais ils sont aussi laids et obèses (à l'exception d'Anne Marivin, la postière), inactifs ou oisifs et, bien entendu, ont un penchant pour la bouteille. La banderole des supporteurs du PSG était injurieuse, mais elle n'a fait que paraphraser de manière ironique le message que véhicule implicitement le film de Dany Boon. Le scandale qu'elle a provoqué en France peut donc paraître paradoxal, car la source de son inspiration se trouve bien dans cette comédie. La colère du maire socialiste de Lens à cette occasion peut prêter à sourire. Le groupe socialiste de la région Nord-Pas-de-Calais n'a-t-il pas financé à hauteur de 600 000 euros le film de Dany Boon ? Cette décision a d'ailleurs suscité l'incompréhension et la colère d'une grande partie de la population nordiste.

On notera enfin que les principaux personnages travaillent à la poste. S'agit-il d'une promotion d'un service public essentiel et un pied de nez indirect à la rupture néolibérale promise par le sarkozysme ? On peut le comprendre ainsi, mais une lecture antinomique est possible : ces postiers sont des fonctionnaires pépères (des "bringueurs" invétérés), pas très professionnels (Dany Boon en postier alcoolique) ; bref, le Nord que l'on donne à voir ici se conforme à l'imagerie dominante d'une région à la main-d'oeuvre peu qualifiée et peuplée d'assistés sociaux.

Le film dégage un pessimisme social, accentué dans le dénouement de l'histoire : après trois années de purgatoire dans le Nord, le directeur s'en retourne vers le paradis sudiste (en réalité, nombre d'exilés involontaires dans le Nord décident de s'y établir).

Bienvenue chez les Ch'tis est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ?


Philippe Marlière est maître de conférences en sciences politiques à l'université de Londres

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Lundi 31 mars 2008
- Publié dans : Culture(s)

QUELQUES PREMIERES REFLEXIONS NON EXHAUSTIVES SUR LA POLITIQUE CULTURELLE DEPARTEMENTALE
MINI BILAN ET PREMIERES EBAUCHES DE PERSPECTIVES

 

AVANT PROPOS ET CONTEXTE GENERAL

Le département du Val d’Oise a pris en compte la nécessité d’établir une politique culturelle depuis de nombreuses années et ceci à l’instar de la plupart des départements, régions et villes de France.

La mise en place d’un tel pan d’activité au côté de celui du développement économique, sportif, social … Est devenu une dimension indispensable à l’image et au dynamisme des collectivités territoriales et à leurs crédibilités.

Ces politiques « de service public de la culture » sont devenues tellement importantes qu’elles sont menées même au niveau départemental et régional malgré l’inexistence de compétences obligataires dans ces domaines, mis à part éventuellement, le travail culturel en direction des collèges pour les départements et des lycées pour les régions, qui découlent directement du rattachement de ces établissements aux deux niveaux de compétences précités.

À ce titre d’ailleurs, ce qui est entrepris dans le département, en direction de l’action culturelle et notamment en appui à l’aide aux déplacements des collégiens pour les dispositifs : collèges au cinéma, théâtre au collège, les jumelages entre établissements d’enseignements et les équipements culturels … est nettement insuffisant.

Il en est de même, pour ce qui est entrepris en direction de l’action sociale, des secteurs 3e âges, Handicapés, publics en difficulté … Pans d’actions qui devraient être directement dépendant de la compétence départementale, et que l’on peut regrouper autour des notions « de culture territoriale et solidarité ».

Dans ces domaines toutefois il faut être conscient que le désengagement de l’Etat sur l’ensemble de ces dispositifs de l’action culturelle - (politique de la ville, classes à projets culturels, culture à l’hôpital mais aussi soutien aux festivals et plus globalement à toutes les actions culturelles territoriales ...) - ne facilite pas le travail de ces mêmes collectivités territoriales qui sont de ce fait amenées à se substituer de plus en plus à l’absence et au retrait de celui-ci.

De fait et bien normalement l’intervention du département touche l’ensemble des secteurs du domaine culturel :

  • Arts contemporain,

  • Arts plastiques,

  • Archives et patrimoine,

  • Livres et bibliothèques,

  • Cinéma,

  • Spectacles vivant –musique, danse, théâtre, musiques actuelles, cirque)

  • ….

    Lire l'intégralité de la note
Par Bernard Mathonnat - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 1 mars 2008
- Publié dans : Culture(s)

Les vendredis de la philosophie
par François Noudelmann
le vendredi de 10h à 11h
  Vendredis de la philosophie (les)


Ecoutez

Podcast
 
émission du vendredi 29 février 2008
Archives - L'apparition de l'idée de civilisation


par Marc-Hubert Floriot
Mixage : Jean-Michel Cauquy
Réalisation : Bruno Sourcis

1. Extrait d'un débat entre Louis Althusser, Jean Cazeneuve, Michel Foucault et Georges Gusdorf ("Analyse spectrale de l'Occident", par Pierre Sipriot, 11 novembre 1961) ;

2. Rencontre entre Raymond Aron et Michel Foucault, diffusée la première fois le 8 mai 1967 ("Les idées et l'Histoire").

A la surprise générale, le terme de "civilisation" semble devoir obéir désormais à l'emploi idéologique par l'Etat d'un concept développé naguère par Edgar Morin et Sami Naïr, dans «Pour une politique de civilisation» (Ed. Arléa, 1996).

Il n'y a pas de rapport de pouvoir, selon Foucault, qui ne se donne nécessairement dans l’histoire et inversement.

Le débat : Michel Foucault venait de soutenir sa thèse en Sorbonne (avril 1961) et de publier son «Histoire de la folie».

L' «Introduction à l’Anthropologie du point de vue pragmatique d’Emmanuel Kant» - thèse qui annonçait «Les mots et les choses», vient d'être publiée pour la première fois en version intégrale (Librairie Vrin, Paris, 2008).

En 1966, Raymond Aron et Michel Foucault publiaient simultanément chez Gallimard «Les étapes de la pensée sociologique» et «Les mots et les choses». Interview en règle de Michel Foucault par Raymond Aron, sur son historicisme kantien et son nietzschéisme.

1961, 1966, 2008 : à la lumière de ces trois moments de la généalogie philosophique de Foucault (de Kant à Nietzsche, en passant par les Encyclopédistes, les Idéologues et Sade), comment l'idée de civilisation peut-elle encore relever d' «une critique de la finitude qui serait libératrice, aussi bien par rapport à l’homme que par rapport à l’infini ? [Une critique de la finitude] qui montrerait que la finitude n’est pas terme, mais cette courbure et ce nœud du temps où la fin est commencement ?»











Edgar Morin
Pour une politique de civilisation
Arléa, Paris - Collection Arléa-poche, n° 76 - 16 mai 2002


Pour conjurer la crise actuelle que traverse la société, E. Morin propose de rétablir l'être humain comme moyen, fin, objet et sujet de la politique, et d'insuffler l'espoir, non en tant que résurrection de la grande promesse, mais en tant que résurrection d'une possibilité, pour qu'il porte l'élan salvateur.





Emmanuel Kant et Michel Foucault
Anthropologie du point de vue pragmatique
Vrin, Paris. Collection Bibliothèque des textes philosophiques - 15 janvier 2008


« Les rapports de la pensée critique et de la réflexion anthropologique seront étudiés dans un ouvrage ultérieur ». C'est sur cette phrase que s'achevait la brève « Notice historique » que Michel Foucault avait placé en tête de l'édition de sa traduction de l'Anthropologie de Kant (Vrin, 1964). La note annonçait sans aucun doute l'ouvrage à venir, d'abord caractérisé, dès 1963, comme « le livre sur les signes », et qui paraîtra en avril 1966 : Les mots et les choses, une archéologie des sciences humaines.

En réalité, la courte notice historique, de trois pages, en ouverture de la traduction du texte de Kant ne proposait qu'un extrait fort réduit de ce qui avait constitué l'élément principal de la Thèse complémentaire soutenue en Sorbonne le 20 mai 1961 : Introduction à l'anthropologie de Kant, et dont Jean Hyppolite était le rapporteur. Si la thèse complémentaire, intitulée Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, était restée inédite (à l'exception de la traduction de Kant), ce n'est pas que Foucault en eût été insatisfait : suivant les conseils des membres du jury, il allait bientôt, dès l'automne 1963, en faire le matériau central de son grand livre à venir.

D'où l'intérêt considérable de la présente édition qui donne pour la première fois l'Introduction complète, Genèse et structure de l'anthropologie de Kant, et qui permet ainsi au lecteur d'entrer dans l'atelier d'un penseur dont l'oeuvre entier aura été nourri par un débat critique avec Kant : qu'est-ce que l'homme ?

traduit de l'allemand par Michel Foucault
présentation D. Defert, Fr. Ewald, F. Gros
Précédé de Introduction à l'Anthropologie
Michel Foucault

Résumé
La thèse complémentaire soutenue en Sorbonne (1961) par Foucault est ici éditée pour la première fois. La traduction de Kant par le philosophe français est parue chez Vrin en 1964.





Raymond Aron / Michel Foucault
Dialogue
Lignes Essais

Voir le site

Inédit. Deux philosophes que tout semble séparer (l'âge, l'histoire, l'engagement) dialoguent. Raymond Aron vient de faire paraître Les Étapes de la pensée sociologique. C'est sur ce livre que devait porter l'entretien ici retranscrit pour la première fois. Or, c'est au contraire autour de celui que Michel Foucault vient de publier, Les Mots et les Choses, que s'organise la conversation.

On serait tenté de donner à l'année 1966-67 le sous-titre d'"année structuraliste". Les débats autour du mot, de la méthode et des ses possibles applications font rage dans l'espace intellectuel français. C'est en 1966, surtout, qu'au "matérialisme dialectique" d'Althusser, au structuralisme anthropologique de Claude Lévi-Strauss et aux travaux psychanalytiques de Lacan, s'ajoutent les conclusions de Les Mots et les Choses, où Michel Foucault remet en question le point de vue classique des sciences humaines, tout en annonçant la mort prochaine de l'homme. L'important succès de ce livre n'éteint pas les critiques, et le jeune philosophe doit à de nombreuses reprises clarifier son projet et clarifier sa méthodologie, justifier l'emploi d'un style quelque peu "flamboyant", contre ce qu'il considère être de fausses interprétations. C'est dans cette période passionnée que Michel Foucault rencontre Raymond Aron lors d'un entretien radiodiffusé le 8 mai 1967, et intitulé "Les Idées et l'Histoire". Le sociologue, de vingt-cinq ans son ainé, vient de faire paraître dans la même collection que Les Mots et les Choses son important ouvrage: Les Étapes de la pensée sociologique. La discussion devait initialement porter sur ce dernier. Or, cette rencontre est au contraire l'occasion, pour les deux philosophes, d'aborder les questions relatives à la méthode et à la nouveauté (contestées) que propose Les Mots et les Choses. On y découvre que Raymond Aron est un lecteur passionné et passionnant, tout à la fois contradicteur et défenseur du travail de Michel Foucault. Si cette archive nous apprend peu sur l'attitude de Michel Foucault, sa dénonciation de l'existentialisme, des "marxismes mous", elle documente d'une nouvelle façon la réception problématique de Les Mots et les Choses. Dans son analyse, Jean-François Bert fait revivre les débats méthodologiques de grande qualité qui animaient la vie intellectuelle de l'époque (en citant notamment les articles critiques parus dans les revues d'alors).





Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville
D'après Foucault : gestes, luttes, programmes
Les Prairies ordinaires - novembre 2007


Des prisonniers aux migrants, de la maladie aux formes inédites de contrôle, de la géopolitique au renouvellement des vieilles questions «que faire ?» et «d'où parlez-vous ?», de multiples raisons portent aujourd'hui à se mettre à l'écoute de Michel Foucault. Comment penser d'après lui ce qui vient après lui ? Comment se saisir de ses analyses pour renouveler la lecture du présent et les manières d'y intervenir ? User, comme il y invitait, de son oeuvre comme d'une boîte à outils suppose de briser l'image d'une doctrine sagement rangée aux côtés d'autres académismes : sous les mots trop connus du «discours», du «pouvoir», faire lever la série des gestes inventés par Foucault (une nouvelle manière de parler, d'écrire, de disparaître ou de rire), et la série des luttes auxquelles il prit part (tout en visant du coin de l'oeil d'autres luttes, actuelles, où ses travaux peuvent encore servir). Passeurs, parmi d'autres, de cette oeuvre dans un monde qui n'est plus le sien, nous voudrions prendre appui sur elle pour crayonner les programmes d'une histoire, d'une philosophie, d'une politique à venir. À quatre mains, on tâche ici de mettre le feu à la boîte pour s'inventer d'autres outils.




Michel Foucault
Histoire de la folie à l'âge classique
Gallimard - coll. Tel - octobre 1976


A l'âge classique. C'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Age au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être "une histoire des limites - de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur".




Michel Foucault
Les Mots et les Choses : une archéologie des sciences humaines
Gallimard, Collection Tel, n° 166 - 12/09/1990


Dans la culture européenne, l'"homme" est une invention récente. Il est né d'une mutation dans notre savoir. Cette mutation est ici étudiée à partir du 17e siècle dans les trois domaines où le langage classique avait alors le privilège de pouvoir représenter l'ordre des choses : grammaire générale, analyse des richesses, histoire naturelle.




Raymond Aron
Les Étapes de la Pensée Sociologique
Gallimard, coll.Tel - 1987


Le livre est une synthèse des cours prononcés entre 1959 et 1962, et, à travers la lecture détaillée de Montesquieu, Comte, Marx, Tocqueville, Durkheim, Pareto et Weber, pose la question de savoir s'il existe en sociologie une place pour une pensée critique, entre d'un coté les doctrines globalisantes, et de l'autre les démarches empiriques.




Raymond Aron
Introduction à la philosophie de l'histoire : essai sur les limites de l'objectivité historique
Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines - 1986


(Edition de sylvie Mesure)
Une analyse devenue classique de l'historicité, publiée pour la première fois en 1938 et qui fait ici l'objet d'une édition nouvelle, revue et annotée.

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Lundi 4 février 2008
- Publié dans : Culture(s)
Les politiques culturelles mises en oeuvre depuis la création du ministère de la culture en 1959 ont rompu avec les ambitions démocratiques issues du front populaire et de la libération. Ces politiques publiques n’ont eu aucun impact en matière de démocratisation. C’est le constat établi, pour une longue période - de 1973 à 1998 -, par l’observation de la progression des pratiques culturelles des classes populaires, en particulier celles des employés et des ouvriers.

A la lecture de ces données, on sait aujourd’hui que l’objectif de démocratisation d’André Malraux et de ses successeurs ne fut qu’un mythe. Il faut donc faire porter la critique sur les principes fondateurs d’une politique d’Etat dont les effets de redistribution sociale n’ont pas été concluants.
par Philippe Livar, haut fonctionnaire au Ministère de la culture
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