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Pourquoi réinventer la gauche?

Réinventer la Gauche est le blog départemental des militants socialistes valdoisiens qui se reconnaissent dans la motion "un monde d'avance : reconstruire l'espoir à gauche", déposée en septembre 2008 par Benoît Hamon.
C'est un rassemblement ouvert de militants socialistes pour ancrer le PS à gauche, renouveller ses pratiques et sa direction.
La motion C participe dans le Val d'Oise à la majorité fédérale, son mandataire fédéral est Emmanuel Maurel.
Jeudi 2 juillet 2009
- Publié dans : Réinventer la Gauche

«Il faut proposer des régions à nos alliés»

Interview Par DAVID REVAULT D'ALLONNES - Libération, jeudi 2 juillet 2009

Selon Benoît Hamon, un rassemblement des partis de gauche est urgent.

Benoît Hamon.

Benoît Hamon. (JEAN-PIERRE MULLER/AFP)

Le porte-parole du PS revient sur les suites de la défaite aux européennes et donne des pistes pour la reconstruction de son parti.

Ces jours-ci, chaque socialiste lance son club. Pourquoi une telle fragmentation ?

Chacun des initiateurs de ces clubs présente son initiative comme la pierre angulaire de la reconstruction du PS. Mais on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une étape supplémentaire de la décomposition… En résumé, pour rassembler, chaque socialiste fonde une écurie supplémentaire ! Tout cela étant motivé par l’objectif d’une candidature de plus. Tant que chacun considérera que le rassemblement doit s’opérer autour de lui, nous aurons un problème.

Pourquoi le PS a-t-il reçu une telle gifle aux européennes ?

C’est un échec auquel on ne doit pas donner plus de portée qu’il n’en a, d’autant que 60 % des électeurs ne sont pas venus voter. Mais il ne faut pas non plus l’esquiver. La gauche n’a pas perdu de voix par rapport à 2004, mais à gauche, nous étions ceux qui donnaient le moins envie.

La campagne du PS n’était pas suffisamment à gauche ?

Nous n’avons pas donné envie aux classes populaires de se déplacer pour voter. Ni à ceux qui avaient décidé de voter à gauche de le faire pour des candidats socialistes. Le PS appelait à battre Barroso, alors qu’il fait partie d’un groupe socialiste européen qui pourrait appeler, en octobre, à reconduire Barroso ! Nous payons cette indifférenciation avec la droite.

La réaction de Martine Aubry à la défaite a-t-elle été à la hauteur ?

C’est fin 2009, au vu de l’état de notre projet et du rassemblement de la gauche, que nous pourrons voir si nous avons réussi à extraire le PS des sables mouvants dans lequel il se plonge depuis quelque temps. Martine Aubry a choisi de privilégier deux axes : le projet et le rassemblement de la gauche dans une «maison commune». Je suggère de ne pas attendre l’après-régionales, comme nous avons attendu l’après-européennes, pour parler rassemblement avec nos partenaires. Ce serait la quasi-certitude qu’il n’y aura pas de rassemblement en 2012, et donc pas de victoire.

Comment aborder ces régionales ?

Socialistes, Verts, communistes et Parti de gauche cogèrent 20 régions sur 22. Là où les élections européennes justifiaient des approches politiques distinctes, je ne vois pas de clivage évident pour les régionales. Il me semble assez logique que la question de listes communes soit posée, et qu’on aborde tous les sujets, de fond comme de gouvernance. D’autant que l’électorat de gauche réclame partout l’unité.

Des Verts ou des communistes pourraient présider des régions ?

Le meilleur moyen de gagner les régionales et de favoriser le rassemblement de la gauche pour 2012, c’est de poser la question. Le fait que certaines régions soient présidées par des partenaires du PS n’est pas un tabou et ne me choque pas. Nous devons le leur proposer. Un gouvernement de rassemblement de la gauche où ne figureraient que des ministres socialistes ne serait pas très sérieux…

Mais pour la plupart d’entre eux, les présidents de région se représentent…

Il n’y a pas de syndicat des présidents sortants ! Ceux-ci sont tous légitimes, mais les présidents ne sont pas uniquement préoccupés par leur réélection personnelle, ni totalement indifférents à la présidentielle. Si l’on ne s’intéresse qu’à son propre sort, cela veut dire que le PS n’existe plus.

Et l’alliance avec le Modem, alors que Vincent Peillon invite Marielle de Sarnez à la réunion de son courant ?

Il serait impensable de s’associer à une formation qui pourrait, selon les régions, faire l’appoint avec l’UMP ou le PS, et qui siège avec le groupe libéral au Parlement européen ! Les socialistes seraient ridicules s’ils constataient que ceux qu’ils ont invités à la tribune négocient plus tard avec l’UMP pour prendre une région à la gauche. Il faut donc que le Modem clarifie sa position. Appartient-il au camp des progressistes, ou pas ?

Que pensez-vous des primaires ?

Que les primaires soient ouvertes aux électeurs de gauche, c’est une bonne idée et je la défendrai. A condition qu’il y ait un projet commun. Il nous faut trancher toutes les questions sans réponse, le libre-échange absolu, la redistribution de la richesse, la propriété dans l’économie, la planification pour domestiquer l’évolution environnementale… Sans projet commun clivant avec le bilan et l’idéologie de la droite, les primaires n’auraient pas de sens.

Serez-vous candidat ?

Non. Ce qui m’intéresse, c’est de battre Sarkozy en 2012.

Comment vivez-vous votre non-réélection au Parlement européen ?

Comme un échec. Mais je ne vais pas gémir sur le sort d’un député européen non réélu.

Pourquoi être resté porte-parole ?

A la demande de la première secrétaire, de nombreux dirigeants et de mes amis politiques. Ceux-ci considéraient qu’une démission aurait rajouté à la crise du PS et favorisé la lecture, que certains veulent donner, selon laquelle nous avons perdu à cause de la ligne politique de Hamon.

Cette ligne, l’assumez-vous toujours ?

Je n’ai jamais renoncé à la défendre. Et je ne crois pas que la crise me donne tort.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Lundi 29 juin 2009
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)

Tribune “Pour un nouvel interventionnisme européen”

Posté le 10 juin 2009

Nicolas Mayer-Rossignol, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, ingénieur du corps des Mines a publié ce texte dans Le Monde du 11 juin.

L’abstention massive aux élections européennes du 7 juin révèle un paradoxe : alors que l’Union traverse la pire crise économique et sociale de son histoire, l’enjeu d’une réponse européenne à cette crise n’a guère passionné les foules. Pourtant la crise est toujours là, et la question demeure : que peut faire l’Europe ?

Est-elle condamnée à regarder, bras ballants, passer les trains des délocalisations et des licenciements ? Quel est le niveau socialement utile, économiquement efficace et politiquement acceptable d’intervention de la puissance publique européenne ?

Paradoxalement, la réponse à cette question est peut-être à chercher dans le droit de la concurrence. Il n’y a pas d’arsenal législatif plus complet, d’action publique mieux outillée, de politique plus interventionniste que celle conduite en Europe au nom du désormais célèbre principe de “concurrence libre et non faussée”. Les autorités nationales et européennes de la concurrence peuvent infliger des amendes de plusieurs centaines de millions d’euros. Elles peuvent obliger une entreprise à se séparer de ses filiales. Elles peuvent mener des inspections sans préavis, confisquer des documents, poser des scellés. Elles peuvent empêcher des rapprochements stratégiques ou en favoriser d’autres.

Est-il souhaitable que l’Europe dispose de moyens aussi considérables pour appliquer un principe hautement contesté, et aussi faibles pour agir face aux licenciements ? Pourquoi la puissance publique devrait-elle s’excuser d’intervenir au nom des salariés, alors qu’elle le fait quasi quotidiennement au nom de la concurrence ?

Une mesure simple pourrait être prise : que l’Europe se dote d’une législation, contraignante dans tous les Etats membres, qui empêche les licenciements abusifs. Isolée, l’idée peut paraître irréaliste ; au prisme du droit de la concurrence, elle prend toute sa crédibilité.

De la même manière que le réseau des autorités nationales et européennes de la concurrence supervise les décisions industrielles des entreprises, l’Europe pourrait, si elle le souhaitait, se doter d’un réseau d’autorités de protection des salariés, disposant d’un véritable droit de regard sur les délocalisations et les licenciements sur son territoire.

De la même manière que les autorités de la concurrence disposent d’un pouvoir de sanction, les autorités de protection des salariés pourraient infliger des amendes quand des décisions sont contraires aux objectifs de progrès social, de croissance durable et de cohésion territoriale de l’Europe. Les entreprises, qui procèdent à des licenciements alors qu’elles distribuent des dividendes, pourraient être sanctionnées.

Les dérives nationalistes

De la même manière que les fusions et acquisitions sont soumises à l’approbation des autorités de la concurrence qui jugent de leur pertinence économique, les décisions industrielles ayant un impact social important requerraient l’accord des autorités de protection des salariés au regard de la situation de l’entreprise, de sa politique de répartition des bénéfices et de ses perspectives. La coopération des autorités au sein du réseau garantirait que les décisions soient prises de manière collective, en évitant les dérives nationalistes.

De la même manière que les autorités de la concurrence peuvent conditionner leur accord à certaines décisions stratégiques (se séparer d’une filiale par exemple), l’accord des autorités de protection des salariés pourrait dépendre de la mise en oeuvre de mesures sociales : plans de reclassement, augmentation des indemnités, développement de la formation professionnelle.

Les questions sociales et industrielles sont aussi incontestablement au coeur des préoccupations des citoyens européens qu’elles sont actuellement à la périphérie des politiques de l’Union. Pour peu que l’Europe se décide enfin à écouter ses peuples, le 7 juin peut marquer le début d’une nouvelle ère.

Avec un zeste de courage politique et d’inventivité juridique, l’Union peut dire “stop” aux licenciements abusifs. Paradoxalement, l’application d’un principe fondateur du libéralisme - la concurrence libre et non faussée - pourrait servir de modèle à un nouvel interventionnisme européen.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Vendredi 26 juin 2009
- Publié dans : Réinventer la Gauche 95


L'assemblée générale de la Motion C "Un Monde d'Avance"
Vendredi 3 Juillet 2009
à 20h30
Maison des associations d'Écouen
Rue du four Gaudon (plan ci-joint)

à l'ordre du jour :
  • Bilan des élections européennes ;
  • Etat du parti, relance du projet socialiste et rassemblement de la gauche ;
  • vie du courant ;
  • questions diverses...
  • et verre de l'amitié participatif :
à l'occasion de cette dernière réunion de l'année que nous savons tardive, nous vous proposons de boire un verre tous ensemble et éventuellement de manger un bout. Vous êtes donc invités à apporter selon votre convenance nourriture et/ou boisson (quiches, tartes, salades, charcuterie, etc.) pour que nous partagions un moment convivial.


Amitiés socialistes,
pour "Un Monde d'Avance Val d'Oise"
Frédéric Faravel
Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Mardi 23 juin 2009
- Publié dans : carton rouge
Sarkozy parle, l'UMP reste perplexe, le PS crie «Pschitt»
Links:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/mathilde-mathieu
[2] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[3] http://www.mediapart.fr/journal/france/220609/contre-l-egopresident-sarkozy-le-second-serment-du-jeu-de-paume
[4] http://www.mediapart.fr/files/Congres_0.pdf
Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Lundi 22 juin 2009
- Publié dans : Socialisme(s) européen(s)
Posté par Stéphane Delpeyrat Européennes : gauche année zéro

Le 7 juin 2009 restera une date marquante pour les socialistes français et européens. Dans un contexte de crise économique et sociale qui n’a guère de précédent depuis 1929, la sociale démocratie, loin de porter les espérances des catégories populaires, s’est trouvée lourdement sanctionnée dans les urnes partout en Europe.

On peut certes arguer du caractère particulier de ce scrutin qui n’a jamais malheureusement mobilisé les foules, et particulièrement celles et ceux que nous souhaitons défendre et représenter. On pourra aussi se rassurer à bon compte en allant chercher tel ou tel élément de contexte, tel incident de campagne pour minimiser l’importance de ce résultat. Mais la réalité est là : partout les conservateurs et leurs alliés l’emportent en Europe, partout nous reculons que nous soyons au pouvoir ou dans l’opposition.

Il est vrai qu’historiquement les périodes de crise économique profitent rarement, contrairement à une idée reçue, à la gauche. Les crises portent en elles souffrances, inquiétudes et c’est alors plus la peur que la raison qui gouverne le choix des électeurs. Personne n’a oublié que la précédente « grande dépression » des années trente nous a conduit au fascisme, à la monté des nationalismes et finalement à la guerre. Il y avait donc quelque naïveté à penser que mécaniquement les peuples européens se tourneraient vers la gauche pour trouver une réponse politique à leurs inquiétudes. Pour l’instant, c’est bien le besoin d’ordre et de sécurité voire la recherche de gouvernements à poigne qui semble avoir été privilégié comme souvent en de telles circonstances. C’est au fond, sans doute, la principale explication de cette débâcle européenne des sociaux-démocrates. Il faut hélas tout de suite préciser que ceux-ci avaient de par leur dérive sociale libérale largement préparé le terrain.

Il y a peu, l’essentiel des grands pays européens était gouverné à gauche. L’espérance d’une Europe sociale protégeant les salariés de la financiarisation de l’économie, des délocalisations, du libre-échange sans précaution, du recul des services publics a-t-elle alors progressé ?

La réponse est malheureusement non. À l’époque, les thèses blairistes de la troisième voie « au-delà de la droite et de la gauche » se sont imposées partout en Europe, malgré quelques résistances notamment en France, au nom d’une modernisation du socialisme qui ne fut qu’une adaptation à la domination des idées libérales. Cette dérive nous a coûtés et continue de nous coûter cher.

Elle explique comment Messieurs Zapaterro et Brown, pour ne citer qu’eux, peuvent sans vergogne commencer cette campagne européenne en indiquant qu’ils soutiendraient la reconduction de Baroso à la présidence de la commission ! Il y a plus claire comme position pour partir au combat en prétendant changer l’Europe !

La crise européenne de la sociale démocratie n’est pas à rechercher plus loin. La conversion aux thèses libérales de nombre d e dirigeants sociaux-démocrates européens explique en grande partie le décrochage de l’électorat populaire et le sentiment d’abandon dont se sentent victimes les catégories sociales les plus précarisées par les effets de la mondialisation.

Il n’est guère surprenant dés lors que ceux-ci se réfugient dans l’abstention ou empruntent d’autres chemins. Le Parti socialiste est, comme les autres, victime de ce mouvement. Il fut souvent parmi  les partis européens celui qui fut le plus réticent à la vague sociale libérale. Mais au final, les contradictions même ici entre le discours et les actes ont produit des effets dévastateurs.

Le parti socialiste abordait qui plus est cette élection affaibli. Affaibli par deux défaites consécutives à l’élection présidentielle puis par le désastreux congrès de Reims. Le spectacle de nos querelles et de nos divisions sans fin achève de lasser les plus fidèles de nos soutiens.

Notre incapacité à porter ensemble un projet alternatif à la droite pour entraîner toute la gauche achève pour l’instant de nous décrédibiliser.

Le PS n’est plus aujourd’hui la force motrice de toute la gauche qu’il fut depuis 1971.

La feuille de route est donc claire. Pour le redevenir, il nous faut à nouveau rassembler les socialistes puis rassembler toute la gauche sur la base d’un véritable projet alternatif, qui redonne un sens à notre engagement sur la base de nos valeurs. C’est le travail qui nous attend. Il peut et doit être conduit rapidement.

Nos électeurs l’attendent et nous le demandent. Ils ne peuvent plus supporter que nous perdions de vue notre travail principal, notre raison d’être, battre Sarkozy en 2012, en nous abîmant dans de vaines querelles.

Le résultat des urnes le commande. Les conservateurs tout empressés de saluer la « victoire de Sarkozy » ont oublié de dire une chose essentielle. Le total respectif des voix de gauche et de droite montre une gauche majoritaire mais éclatée, divisée et une droite minoritaire mais unie autour de l’UMP. Il n’y a pas eu de glissement à droite de l’électorat. L’espoir est donc bien vivant et le désir d’alternance aussi.

Montrons nous dignes de cette espérance en sortant du climat mortifère dans lequel nous nous complaisons pour prendre la tête d’un nouveau rassemblement de la gauche que nos concitoyens appellent majoritairement de leur voeux (58% dans un sondage TNS Sofres). Il n’y a pas de désaccord programmatique majeur aujourd’hui à gauche. Sur la nécessité d’une Europe protectrice et non plus libérale, sur l’urgence sociale, sur la nécessité d’une nouvelle politique industrielle, sur la défense des services publics, sur la nécessité de placer l’environnement au coeur de toutes nos politiques, un large accord peut se construire rapidement. Sortons des lamentations et travaillons-y. Nous verrons alors que la victoire en 2012 est à portée de main à condition que nous réglions une fois pour toute une question stratégique : le choix de l’union de la gauche et des Verts plutôt que la confusion avec le Modem.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
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