La loi Roudy sur l'égalité entre les femmes et les hommes au travail a 27 ans. Un groupe de jeunes femmes du
même âge s'indigne de découvrir que les inégalités sont toujours là.
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Nous sommes nées dans les années 80, juste avant ou juste après l'adoption par le Parlement de la première loi sur l'égalité professionnelle. Pendant
ces 27 années, nous avons grandi dans un pays où l'égalité entre les femmes et les hommes était censée appartenir aux fondamentaux de notre République.
Entrées récemment sur le marché du travail, nous pensions alors que les inégalités professionnelles
femmes - hommes n'appartenaient qu'à nos livres d'histoire. Nous nous sommes pris la réalité en pleine figure : 27 ans après la loi Roudy, force est de constater que la société résiste
sacrément bien à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Parce que nous sommes nées femmes, notre histoire semble écrite à l'avance : nous sommes destinées à
n'avoir ni les mêmes salaires, ni les mêmes professions, ni les mêmes responsabilités que nos homologues masculins.
Nous disons stop. Nous exigeons d'accéder aux mêmes emplois et aux mêmes fonctions, d'être rémunérées de la
même manière et de pouvoir bénéficier d'une retraite de niveau identique. Nous sommes femmes et, après 40 ans de mouvement de libération des femmes, nous restons cantonnées à des positions
inférieures.
La dernière loi sur l'égalité professionnelle, datant de 2006, prévoyait qu'en 2010, une loi pourrait être
votée pour obliger les entreprises à ouvrir des négociations sur l'égalité professionnelle sous peine de sanctions.
Le gouvernement a préféré inclure cette disposition dans le projet de réforme des retraites, présenté le
jour anniversaire de la loi Roudy en conseil des ministres. Il s'agit de l'article 13. Il est largement en deçà des exigences posées par la loi de 2006. Alors que celle-ci envisageait des
sanctions en cas d'absence de négociations avec les partenaires sociaux dans l'entreprise, on arrive 4 ans après à des sanctions en cas d'absence de... publication d'un bilan chiffré. Cette
disposition concernera uniquement les entreprises de plus de 300 salariés - moins de 36% des emplois concernés. Si les inégalités n'étaient pas aussi profondes, on pourrait presque rire d'une
mesure aussi décalée.
Le gouvernement n'a manifestement ni l'intention, ni le courage politique de faire de l'égalité femmes -
hommes une réalité, en matière de retraites comme en matière d'emploi. Nous lui demandons de revoir son projet de loi sur les retraites, à la fois pour garantir une égalité dans les pensions
entre les femmes et les hommes et en prenant des mesures réelles pour l'égalité professionnelle.
Signataires :
Audrey Aït Kheddache, chargée de mission, née le 12 février 1983
Caroline De Haas, chargée de mission, née le 10 septembre 1980
Magali De Haas, attachée territoriale, née le 27 décembre 1984
Laure D., journaliste, née le 24 juillet 1983
Lucie Groussin, responsable de communication, née le 13 janvier 1980
Emilie Guitard, née le 20 février 1983
Séverine Hettinger, enseignante, née le 21 août 1980
Laure Jouteau, chargée de mission innovation, née le 14 décembre 1985
Clémentine Lereverend, collaboratrice d'élu, née le 19 juillet 1983
Noémie Oswalt, chargée de mission santé, née le 9 janvier 1980
Claire Piot, assistante projets européens, née le 24 mars 1981
Soudeh Rad, doctorante, née le 13 septembre 1980
Linda Ramoul, juriste, née le 3 mai 1983
Léa-Marie Rogemont, ingénieure brevet, née le 9 septembre 1980
Claire Serre-Combe, née le 18 octobre 1983
http://www.viedemeuf.fr : Osez le féminisme ouvre un site web permettant aux femmes qui subissent au quotidien des discriminations, du sexisme et des
inégalités dans le monde du travail de témoigner.
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