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Pourquoi réinventer la gauche?

Réinventer la Gauche est le blog départemental des militants socialistes valdoisiens qui se reconnaissent dans la motion "un monde d'avance : reconstruire l'espoir à gauche", déposée en septembre 2008 par Benoît Hamon.
C'est un rassemblement ouvert de militants socialistes pour ancrer le PS à gauche, renouveller ses pratiques et sa direction.
La motion C participe dans le Val d'Oise à la majorité fédérale, son mandataire fédéral est Emmanuel Maurel.
Jeudi 12 novembre 2009
- Publié dans : Réinventer la Gauche

Hamon : «Dans l’affaire Mitterrand, il y a eu un réflexe de caste»

Il y a près d’un an le jeune dirigeant de l’aile gauche du PS décrochait le poste de porte-parole du parti à la rose. Retour sur une année très très agitée : échec aux européennes, affaire Mitterrand, renoncements divers et variés…

(photo: MEDEF - Flickr - cc)
Marianne2 : Novembre 2008, congrès de Reims. Votre motion fait un excellent score (18%). Et pourtant vous décidez de vous fondre dans la majorité et même d’accepter le poste de porte-parole ?
Benoît Hamon : Il y a eu de vraies discussions à ce moment-là. Toute la difficulté était de réussir à trouver une homogénéité entre nos positions et celles de Martine Aubry, en passant par celles de Bertrand Delanoë ou de Dominique Strauss-Kahn. L’antiroyalisme ne pouvait pas être suffisant pour créer cette homogénéité. Comme l’antisarkozysme, aujourd’hui, ne peut pas être un positionnement suffisant pour le PS. Il n’est pas possible de toujours se construire en contre.
Mais on voit que l’homogénéisation se fait petit à petit. C’est le cas des primaires. Tout le monde y vient. Je ne vais pas dire que le curseur a énormément bougé, que nos idées ont colonisé le Parti socialiste, mais elles y ont trouvé leur place. Certes, pas au point de dire que pour nous c’est une victoire politique…

Mais il vous a fallu renoncer à certaines de vos idées. L’autorisation administrative de licenciement par exemple ?
L’idée était qu’une entreprise qui gagne de l’argent puisse être soumise au contrôle public. Que dit aujourd’hui le PS à travers la voix de Martine Aubry ? Que nous sommes favorables à la saisine du tribunal de grande instance pour que soit décidée la mise sous tutelle de l’entreprise bénéficiaire. La parole du Parti socialiste a évolué. Moi-même j’ai évolué et je ne vis pas ça comme un renoncement d’avoir réfléchi avec le PS. Avec l’autorisation administrative de licenciement, on ne prétendait pas avoir trouvé la digue la plus efficace. Et après avoir été traité d’hérétique, je suis heureux qu’on en soit arrivé à ce discours de Martine Aubry à La Rochelle.

En revanche, pour ce qui est du protectionnisme — une des idées fortes portée par votre motion au congrès de Reims — il y a eu un renoncement mâtiné d’un virage sémantique. Au PS, on ne parle pas de « protectionnisme ». Ça fait si peur que ça ?
On parle de « juste échange ». Mais le parti évolue. Et moi je n’ai aucun problème à dire que je suis pour un protectionnisme ciblé, temporaire. Je le dis d’autant plus qu’il y a une certaine hypocrisie sur le sujet. Notamment de la part de Nicolas Sarkozy quand il parle de taxe carbone aux frontières de l’Europe.
Le protectionnisme est nécessaire pour que nous puissions conserver notre souveraineté alimentaire, des barrières tarifaires ou non-tarifaires sont nécessaires pour éviter la concurrence déloyale entre les pays, pour que soit préservée la diversité et protégé notre appareil de production.

«Mon passé de “noniste” pouvait déplaire à la gauche francilienne»

Un discours qu’il aurait été intéressant de porter au Parlement européen. Mais vous qui avez réussi à prendre le poste de porte-parole du parti, vous n’avez pu obtenir une place sans danger pour les élections européennes ?
Je n’étais pas dans le mood. Mon passé de « noniste », mes positions sur le libre-échange pouvaient déplaire à la gauche francilienne. Ce discours-là allait heurter un électorat de gauche plutôt libéral. C’est ce que j’ai entendu…
Et puis ma motion n’était pas majoritaire en Île-de-France. En tout cas, je n’ai pas aimé être en compétition avec Harlem Désir. On peut penser de lui ce que l’on veut, c’est un excellent eurodéputé, un vrai bosseur.

C’est ce qui explique que vous ayez manqué de mordant dans cette campagne par rapport à celle menée pour le congrès de Reims ?
C’est surtout qu’il est beaucoup plus facile d’être « mordant » quand on n’a pas à porter un discours préfabriqué. On disait « non » à Barroso, mais l’on savait très bien ce qu’allaient faire nos partenaires du PSE. C’était comme faire la course avec un silex dans la chaussure. Et puis il y avait un contexte : les médias étaient épatés par la présidence de l’Union européenne de Nicolas Sarkozy. C’est quand même fou : puisque vous bougez, vous êtes bon ! Il n’y a qu’à voir la crise géorgienne. Medvedev ne s’est pas arrêté parce que Sarkozy s’est agité. Il s’est arrêté quand la Géorgie était amputée de deux régions…

Et puis il y avait le programme commun du PSE, le Manifesto
Ce n’était pas le message qu’attendait notre électorat. Ce n’était pas facile à porter. Même pour Harlem Désir j’imagine… Heureusement, Poul Nyrup Rasmussen (le président du PSE, ndlr) a très vite analysé la fessée que nous venions de nous prendre et a appelé à un retour aux fondamentaux de la gauche. Ça n’a pas empêché Martin Schulz (le président du groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, ndlr) d’appeler à l’abstention les eurodéputés lors de l’élection de Barroso… Je fais partie de la délégation qui se rendra prochainement au congrès du PSE et je dirai ce que j’en pense. On ne peut pas ne pas porter cette parole.
Mais pour revenir à la campagne, j’ai essayé de la mener le plus possible en banlieue : à La Courneuve, à Montreuil, à Villiers-le-Bel, à Trappes. J’y ai fait de vraies rencontres, j’y ai eu de vrais débats sur les problèmes nationaux. Et il y avait la candidature Dieudonné.

«Ce mur qu’érige Mélenchon est le meilleur service que l’on puisse rendre à Sarkozy»

Il y avait aussi la candidature Mélenchon. C’est avec lui, qui a été pourtant un de vos compagnons de lutte lors du référendum sur le TCE, que vous vous êtes montré le plus dur ?
C’est délicat de faire campagne contre un mec que l’on connaît bien. Mais quand on voit récemment qu’à Poissy, François Delapierre (le numéro 2 du PG, ndlr) n’appelle pas à voter pour le candidat socialiste, c’est un abandon de tout ce qui fait la gauche. D’ailleurs, l’argumentaire de Jean-Luc Mélenchon qui voudrait qu’il existe une frontière étanche entre deux gauches ne tient pas. Parlons fiscalité, service public, libre-échange — encore que sur ce dernier point, avec le NPA, il pourrait y avoir débat — sur le fond, il n’y a pas de frontière étanche. Ce mur qu’érige Jean-Luc Mélenchon est le meilleur service que l’on puisse rendre à Nicolas Sarkozy.

Il n’y a pas que la campagne des européennes qui a été délicate pour vous. Cumuler les fonctions de chef de courant et de porte-parole du PS pose aussi certains problèmes ? Le sujet du protectionnisme est un exemple. Votre récente déclaration sur l'endettement français en est une autre. Il y a également les primaires. Vous dites vouloir militer pour des « primaires à gauche ». Mais c’est perdu d’avance : le PCF, le NPA, le PG n’en seront pas.
Je comprends qu’il y ait une réticence naturelle aux primaires. Ça peut représenter une étape supplémentaire dans le processus de personnalisation du pouvoir politique. Après, que ce soit un pari « perdu d’avance », je n’y crois pas. Chez les Verts, Daniel Cohn-Bendit s’est déjà dit favorable aux primaires. Certains dirigeants du PC n’y sont pas forcément opposés. Les régionales vont aussi servir de révélateur. Pour diriger les régions, des majorités vont se constituer. Où est la cohérence si certains acceptent de participer à des majorités en région et refusent les primaires ? Finalement, la vraie question est : est-ce qu’on aura le temps de constituer un projet commun représentant la diversité de la gauche ?

Plus récemment il y a aussi eu l’affaire Mitterrand...
Qu’aurait-il fallu faire ? Réunir le Bureau national du PS. À ce moment-là, il faudrait réunir le PS sur tous les sujets. Pour ma part, j’ai eu le sentiment d’apporter une parole très socialiste. Je ne veux pas jouer les victimes, mais ça a été un épisode super désagréable. C’est la vie politique qui est ainsi, je ne l’ai pas découvert à ce moment-là. Mais nous vivons dans un univers politique et médiatique extrêmement violent. Et certains ont dû se dire : « Enfin, c’est le moment, on va lui régler son compte ».
Bertrand Delanoë, lui, a un désaccord de fond avec moi sur ce sujet. C’est un homme avec qui je parle beaucoup et nous aurons une discussion plus tard. Je ne voulais pas en parler avec lui à chaud. Mais d’autres ont eu des prises de position totalement incongrues. Voir Georges-Marc Benamou me comparer à Marcel Déat ! Me retrouver estampillé facho anti-homo ! Et puis il y a eu les éditos d’Eric Fottorino ou de Denis Olivennes… J’ai eu l’impression que j’y avais droit pour l’ensemble de mon œuvre !

«Le coup de la chasse à l’homo, il fallait oser quand même !»

Comment expliquez-vous ces réactions ?
Il y a eu une sorte de réflexe de caste de la part de gens proches de Frédéric Mitterrand : on y trouve des responsables politiques, des journalistes, tout le milieu parisien des intellos qui vivent en vase clos depuis trente ans, chroniquent les ouvrages des uns et des autres. Ça a tourné au règlement de comptes pour Bernard-Henri Lévy, Daniel Cohn-Bendit, Alain Finkielkraut, Franz-Olivier Giesbert ou bien encore Jean-Luc Mélenchon qui a été hallucinant ! Le coup de la chasse à l’homo, il fallait oser quand même ! Au FN, c’était une réalité. Soit. Mais chez moi !
Quoi qu’il en soit, cette histoire va laisser des traces. Ce genre de polémique lève des choses pas très saines, fielleuses même. Mais j’ai reçu une multitude de messages de soutien de la part de journalistes, d’intellectuels et de simples citoyens. Il y a quand même eu quelques « punks » qui m’ont soutenu comme Michel Onfray ou Jean-François Kahn !

Vous n’avez pas songé à démissionner comme vous y aviez pensé après votre échec aux européennes ? Vous vous y étiez d’ailleurs engagé à l’époque ?
C’était une vraie connerie que de dire ça. Sincèrement. Je me disais : « Si je perds mon poste d’eurodéputé, je vais être obligé de bosser et je n’arriverai pas à assurer le rôle de porte-parole ». Mes proches m’ont convaincu. Henri Emmanuelli notamment. Il m’a longuement parlé. Tous m’ont dit de ne pas ajouter de la crise à la crise du PS, que ce n’était pas l’échec de notre courant…
Et apparemment, on peut être porte-parole du PS, travailler et être aussi candidat aux régionales ?
Cette campagne, je vais la faire à fond. C’est ce qui me manque le plus d’aller à la baston ! Après, si le PS décide qu’il faut un porte-parole adjoint, je prends. J’accepte aussi l’idée que le PS n’ait plus besoin de moi. Je sais que ma parole peut cliver… Même dans mon propre camp !

Julien Dray laisse entendre que ses ennuis judiciaires vous ont servi notamment pour décrocher cette place pour les régionales ?
J’ai entendu Julien Dray dire ça à 3 ou 4 reprises. Mais c’est une place dans les Yvelines que j’ai, pas en Essonne. Preuve que tout ça était bidon. Preuve, une nouvelle fois, qu’en ce qui me concerne, on s’est trompé…

Vendredi 30 Octobre 2009 - Gérald Andrieu - Marianne

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
Jeudi 12 novembre 2009
- Publié dans : carton rouge

Mardi 10 novembre 2009

Communiqué du Bureau national

M. Sarkozy doit venir expliquer ses projets pour les territoires devant le Congrès des maires de France


M. Sarkozy et son gouvernement proposent un bouleversement majeur de l’organisation territoriale et des finances locales. Ces projets suscitent l’inquiétude légitime des Français et des élus. Ils aboutiraient, en effet, à recentraliser et à étouffer financièrement les collectivités ; ils aggraveraient l’injustice sociale et les inégalités territoriales ; ils représenteraient une manipulation électorale.

Les maires de France, réunis en congrès les 17 et 18 novembre prochains, attendaient des explications du Chef de l’Etat. Craignant probablement leur colère et leurs protestations, M. Sarkozy a décidé de ne pas se rendre au congrès, privant ainsi les maires d’un véritable échange républicain.

Il a décidé au contraire de convoquer les présidents des associations de maires à l’Elysée le vendredi 20.

Devant cette dérobade, le Parti socialiste ne se rendra pas à l’Elysée. Il invite M. Sarkozy à assumer les responsabilités de sa charge et à accepter de venir dialoguer avec les maires le 17 novembre.

Il appelle, par ailleurs, les maires à se mobiliser massivement à cette occasion pour faire entendre leur voix.

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Lundi 9 novembre 2009
- Publié dans : Parti socialiste
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Mercredi 28 octobre 2009
- Publié dans : Questions sociales

Cher(e)s camarades,

Le 3 octobre fut l’occasion d’une mobilisation citoyenne sans précédent. Plus de 2,3 millions de nos concitoyens se sont mobilisés à la fois pour exprimer leur volonté de participer au débat concernant l’avenir du service public postal dans notre pays mais aussi et surtout, pour dire leur refus d’une privatisation que la droite veut leur imposer.


Cette réussite est le fruit du rassemblement de la gauche syndicale, associative et politique. Elle est, par son caractère à la fois rural et urbain, le résultat de la mobilisation exceptionnelle de nos élus. Enfin c’est parce que nous avons su expliquer, dialoguer et aller au contact des premiers concernés, les citoyens, qu’une première bataille dans l’opinion a été gagnée.


Cependant, la droite poursuit son passage en force. Après avoir traité par le dédain et le mépris la mobilisation du 3 octobre, elle vient de faire voter en commission le texte visant le changement de statut qui sera examiné au Sénat à partir du 2 novembre 2009.


Aussi nous faut-il préserver l’acquis exceptionnel du 3 octobre tout en ayant à l’esprit que le calendrier parlementaire dicte le rythme de notre mobilisation et qu’en conséquence, le débat devant se poursuivre à l’Assemblée au mois de décembre, il nous faut prendre chaque séquence pour ce qu’elle est. Il nous faut donc désormais mener la bataille au Sénat et poursuivre celle de l’opinion.


  1. La bataille du Sénat

La droite ne détient qu’une vingtaine de voix d’avance et nos camarades sénateurs se préparent à faire preuve de la plus grande combativité face à une droite dont une partie des membres semblent hésitants face à la mobilisation dont ils sont témoins sur le propre territoire.


L’interpellation des sénateurs dans leur territoire par les citoyens et les élus est donc primordiale. En collaboration avec le collectif national et les collectifs locaux, des rassemblements devant les bureaux de Poste sont appelés le 31 octobre prochain afin d’appeler à voter contre le texte au Sénat et demander un referendum.

Le 2 novembre, un grand rassemblement devant le Sénat rassemblera l’ensemble des forces de gauche afin de prolonger les mobilisations du 31 octobre.

La semaine du 2 au 7 novembre sera dédiée à l’interpellation au niveau local des sénateurs. Les mobilisations pourront être signalées sur la carte des mobilisations comme ce fût le cas lors de la préparation du 3 octobre, sur touchepasamaposte.com.


  1. Poursuivre la bataille de l’opinion

Les fédérations du Parti Socialiste auront à leur disposition en fin de semaine, une campagne de tracts et autocollants afin de pouvoir, sur le terrain, poursuivre l’engagement contre la privatisation durant tout le mois de novembre.

Dans le cadre du collectif national, 5 millions de cartes postales à envoyer directement au Président de la République pour exiger un referendum sont en cours d’édition afin de pouvoir organiser un grand temps fort de mobilisation citoyenne et politique courant novembre. Les éléments d’organisation de cette initiative vous seront transmis prochainement.

Comptant sur votre mobilisation,

Amitiés socialistes.

 

Razzy HAMMADI
Secrétaire national aux services publics

Christophe BORGEL
Secrétaire national aux élections et à la vie des fédérations

Alain FONTANEL
Secrétaire national à l’animation et au Développement des fédérations

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Mardi 27 octobre 2009
- Publié dans : Société

mardi 27 octobre 2009 - France Inter

Le "grand débat" sur l'identité nationale, annoncé dimanche par Eric Besson, sera "ouvert" le 2 novembre dans chacune des 100 préfectures et des 350 sous-préfectures. A quelques mois des élections régionales, l'annonce a suscité un tollé à gauche.

Par Rlg 95 - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander - Communauté : Les blogs socialistes
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